La relation dont on ne parle à personne
Ce sont les relations les plus anciennes qui se disent le moins. On finit par croire que c'est normal, ou que c'est trop tard.
« C'est ma mère, je ne vais pas en faire un drame »
Cette phrase, ou sa variante avec un frère, une sœur, un vieil ami, revient constamment. Elle ferme le sujet avant qu'il s'ouvre. Comme la relation est censée aller de soi, la difficulté devient honteuse.
Résultat : on organise sa vie autour. On évite un sujet, un repas, une période de l'année. Ce contournement coûte une énergie considérable, et il reste invisible parce qu'il n'a jamais été nommé.
Le premier travail est de reconnaître qu'une relation peut être aimante et pesante en même temps. Ce n'est pas contradictoire, et le dire ne trahit personne.
Pourquoi c'est plus dur en famille
Avec un collègue, on peut poser une limite et partir. Avec un proche, il n'y a pas de porte de sortie : le lien continue, les autres membres de la famille ont un avis, et chaque limite posée est lue comme un reproche.
S'ajoute l'ancienneté. Les rôles ont été distribués il y a trente ans, et personne ne les a renégociés depuis. Celui qui arrange, celle qui s'écrase, celui qu'on ménage. Ces rôles tiennent tout seuls, même quand plus personne n'en veut.
On ne travaille donc pas sur l'autre, qui n'est pas dans la pièce. On travaille sur ce que vous acceptez, ce que vous refusez, et comment le dire sans faire exploser le reste.
Ce qui change, et ce qui ne changera pas
Je ne vous promets pas que la relation deviendra facile, ni que l'autre changera. Beaucoup de gens repartent avec quelque chose de plus modeste et de plus solide : la relation pèse moins, parce qu'ils ont arrêté d'attendre ce qu'elle ne donnera pas.
Poser une limite, choisir la fréquence des contacts, décider de ce qu'on ne discute plus : ce sont des décisions qui vous appartiennent entièrement et qui ne demandent l'accord de personne.
Quand plusieurs membres de la famille sont concernés en même temps, par exemple après une séparation ou une recomposition, voyez traverser un changement familial.
Ce qu'on me demande sur les relations familiales
Peut-on travailler sur quelqu'un qui ne vient pas ?
On ne travaille jamais sur l'autre, mais sur votre place dans la relation. C'est d'ailleurs la seule partie sur laquelle vous avez prise. Beaucoup constatent que changer leur propre réponse modifie l'échange, sans que rien n'ait été demandé à l'autre.
Est-ce que je vais devoir couper les ponts ?
Ce n'est ni le but ni une recommandation par défaut. Entre tout accepter et rompre, il existe beaucoup de positions intermédiaires que personne n'a jamais proposées : espacer, limiter les sujets, choisir le cadre des rencontres.
Faut-il en parler au reste de la famille ?
Vous décidez. Rien de ce qui se dit en séance ne sort d'ici. Et la question de qui mettre au courant, et quand, fait souvent partie du travail plutôt que de le précéder.
Le dire une fois à voix haute
Une heure pour nommer ce qui pèse, sans que cela engage quoi que ce soit envers qui que ce soit.
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